Le refroidissement au service de la santé : la hausse des températures perturbe le sommeil, la santé et la productivité.

Selon le rapport mondial 2025 du Lancet Countdown et des recherches connexes, à moins qu’on prenne des mesures d’adaptation, la hausse des températures constitue une crise mondiale de santé publique qui pourrait causer 546 000 décès par an et engendrer des coûts économiques considérables à échelle mondiale.

Le rapport mondial 2025 en matière de santé et des changements climatiques du Lancet Countdown conclut que les effets du réchauffement climatique ont entraîné 546 000 décès par an, soit une hausse de 23 % des décès liés à la chaleur depuis les années 1990[1].

 

La hausse des températures représente une crise mondiale de santé publique qui affecte les groupes d’âge les plus vulnérables (les nourrissons de moins d’un an et les adultes de plus de 65 ans), réduisant la productivité au travail et compromettant divers déterminants sociaux de la santé.

 

Selon The Lancet, la hausse des températures nocturnes a entraîné une augmentation de 9 % de la perte de sommeil en 2024 par rapport à la période de référence 1986-2005, soit la plus forte augmentation en pourcentage de la perte de sommeil depuis le début de la décennie[1]. Les températures nocturnes élevées troublent le sommeil en modifiant son rythme, sa qualité et sa quantité. Cela vient ensuite répercuter sur certains aspects de la santé mentale et physique qui dépendent du sommeil, notamment les facultés cognitives et les maladies cardiovasculaires.

 

D’après une étude chiffrée publiée dans Nature, la durée moyenne du sommeil à l’échelle mondiale pourrait diminuer de 16,37 heures en 2 100 par rapport à la période 2001-2010 [2, 3]. Dans l’hypothèse d’un manque d’adaptation pour un scénario où le changement climatique produit de très fortes émissions (Shared Socioeconomic Pathway 5–8.5), cela pourrait entraîner une baisse significative du QI des enfants et un coût économique mondial de 2 860 milliards de dollars dans les années 2100.

 

En ce qui concerne le travail et la productivité, The Lancet signale que 640 milliards d’heures de travail potentielles ont été perdues à l’échelle mondiale en 2024 en raison de l’exposition à la chaleur, soit 98,1 % de plus que la moyenne enregistrée entre 1990 et 1999.

 

Les processus d’adaptation peuvent atténuer les effets néfastes de la hausse des températures sur la santé. Par exemple, la climatisation pourrait prévenir 114 000 décès liés à la chaleur chaque année [1].

 

Les stratégies d’adaptation, telles que les mesures de refroidissement actif ou passif, peuvent être incorporées dans les plans nationaux d’adaptation du secteur de la santé. Il s’agit de mécanismes politiques intégrant les risques sanitaires induits par le changement climatique dans les processus de planification et de prise de décision à échelle nationale.

 

Sources

[1] Romanello M, Walawender M, Hsu S et al. The 2025 report of the Lancet Countdown on health and climate change: climate change action offers a lifeline. The Lancet, 2025; 406, 2804-2857. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01919-1

[2] van Daalen, K.R., Ballester, J. Sleep loss in a warming world. Nat Sustain (2026). https://doi.org/10.1038/s41893-026-01778-y

[3] Chu, B. et al. Nat. Sustain (2026). https://doi.org/10.1038/s41893-026-01779-x