ICCC 2026 à Istanbul : pérenniser la chaîne du froid et l’approvisionnement alimentaire pour notre avenir

La 9e Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid (ICCC 2026) s’est tenue les 13 et 14 avril 2026 à Istanbul. Elle a réuni plus de 130 personnes, dont des experts éminents, des chercheurs et des professionnels du secteur venus du monde entier, afin de débattre de l’un des défis les plus urgents de notre époque : la mise en place d’une chaîne du froid durable dans le monde.
Le prestigieux Lazzoni Hotel Istanbul a accueilli l’ICCC 2026 sous le thème suivant : « Assurer la durabilité de la chaîne du froid et de l’alimentation pour notre avenir ». Il s’agit d’un appel à l'action adressé à l’action pour l’ensemble de l’écosystème de la chaîne du froid. Depuis 2010, l’ICCC rassemble des experts du monde entier pour relever les principaux défis en matière de durabilité, allant de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la lutte contre les pertes et le gaspillage alimentaires. L’édition de cette année à Istanbul ne fait pas exception, puisqu’elle a mis en avant des recherches de pointe et qu’elle a favorisé la collaboration entre différents secteurs ayant un objectif commun : une chaîne du froid véritablement durable.
Un programme dense consacré aux principaux défis actuels
Pendant trois jours consécutifs, cette conférence a réuni un comité scientifique de renommée mondiale ainsi que des orateurs aguerris pour examiner trois domaines clés :
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Faire progresser la chaîne du froid : les avancées en matière de conception d’équipements, de transport et de logistique visant à optimiser l’efficacité et à assurer la qualité et la sécurité des aliments à l’échelle mondiale.
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Trouver des solutions durables : intégrer les énergies renouvelables et les frigorigènes à faible potentiel de réchauffement global (PRG), ainsi que les innovations technologiques permettant d’atteindre la neutralité carbone dans le secteur du froid.
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Relever les défis mondiaux : répondre aux besoins spécifiques des marchés émergents, tout en favorisant la coopération internationale pour promouvoir des pratiques durables dans la chaîne du froid.
La conférence accueille également des contributions sur une variété de sujets, tels que les pratiques de la chaîne du froid, la conception de procédés et d’équipements, l’entreposage et la logistique, la modélisation et la numérisation, la qualité et la sécurité des aliments, les avancées en matière de froid dans le commerce de détail, l’économie circulaire et la conception durable, l’analyse du cycle de vie et l’efficacité énergétique des systèmes frigorifiques.
Toutes les présentations sont orales ; les articles sont évalués par des pairs et publiés dans la base de données FRIDOC de l’IIF, assurant ainsi que les connaissances consolidées à Istanbul sont accessibles à l’ensemble de la communauté mondiale.
Un début prometteur
La conférence s’est ouverte par une cérémonie au cours de laquelle Zeki Poyraz, vice-président du conseil d’administration de l’ISIB, et Yosr Allouche, directrice générale de l’IIF, ont prononcé des discours. Trois conférenciers principaux ont donné le ton scientifique des journées à venir : la professeure Judith Evans (London South Bank University), le professeur Armin Hafner (Université norvégienne des sciences et technologies) et le professeur Soojin Jun (Université d’Hawaï à Manoa).
Le programme s’étend sur deux journées complètes de sessions parallèles couvrant des sujets tels que l’efficacité énergétique et les systèmes frigorifiques avancés, les frigorigènes à faible PRG et les technologies neutres en carbone, la qualité et la sécurité des aliments, l’expansion de la chaîne du froid dans les économies émergentes, la durabilité, ainsi que la modélisation et la numérisation. Des réunions dédiées de la commission et une session spéciale sur la mise en œuvre des chaînes du froid dans les pays en développement étaient à l'ordre du jour.
Table ronde de l’IIF : assurer la pérennité de la chaîne du froid : de la Turquie au monde entier
La table ronde la plus attendue de la Conférence internationale de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid était intitulée « Assurer la pérennité de la chaîne du froid : de la Turquie au monde entier », qui a réuni cinq experts de premier ordre issus des secteurs de l’industrie, des sciences, des politiques publiques et du développement international pour un débat approfondi et parfois provocateur. Animée par Souhir Al-Hammami, directrice du département d’Information Scientifique et Technique à l’Institut international du froid, on y a abordé quelques-unes des questions les plus imminentes auxquelles fait face l’industrie du froid et de la chaîne du froid : comment l’industrie peut-elle se décarboner à grande échelle sans compromettre l’accès aux produits dans les économies en développement ? Que nous apprend la science sur les véritables points de perte alimentaire le long de la chaîne du froid (en mesurons-nous l’ampleur) ? Le financement carbone pourra-t-il un jour devenir un instrument fiable pour financer la modernisation de la chaîne du froid dans les économies émergentes ? La discussion s’est appuyée sur les perspectives complémentaires de Biagio Lamanna, responsable du centre de connaissances HVAC/R chez Carel Industries ; de la professeure Judith Evans, présidente de la section C de l’IIF « Biologie et technologie alimentaire » ; Cemal Yilmaz, membre du conseil d’administration de l’ISIB ; Meral Mungan Arda, gestionnaire de portefeuille CCE au PNUD Turquie ; et Volkan Polat, chef du département de surveillance des émissions de gaz à effet de serre au ministère turc de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique. Cette diversité d’opinions a permis d’aborder tous les aspects du programme de durabilité de la chaîne du froid.
La table ronde a donné lieu à des échanges animés et parfois controversés, reflétant la complexité du défi à relever. Un thème central a émergé au cours des discussions : le paradoxe inhérent à la chaîne du froid, un système indispensable pour lutter contre le gaspillage alimentaire et protéger la santé publique, mais qui reste un important émetteur de gaz à effet de serre, tant par sa consommation énergétique que par les fuites de frigorigènes. Les intervenants ont discuté du réalisme des calendriers politiques actuels, en accordant une attention particulière aux implications de l’Amendement de Kigali pour un pays comme la Turquie (stratégiquement situé entre les cadres réglementaires européens et les marchés en pleine croissance d’Asie et du Moyen-Orient). Le rôle de la numérisation et de l’Internet des objets (IoT) dans la transformation de la surveillance de la chaîne du froid a été abordé avec optimisme mais prudence. Le plus frappant a été l’unanimité des intervenants quant à la conviction suivante : il faut repenser la chaîne du froid, non pas comme une infrastructure, mais comme une solution climatique de premier plan méritant une visibilité plus accrue dans les agendas politiques et financiers internationaux. La séance s’est terminée par un engagement tourné vers l’avenir pour 2035 de la part de chaque intervenant. Le public a ainsi perçu l’urgence du défi, tout en ayant une idée des voies concrètes disponibles pour y répondre.
Alors que les discussions en Turquie touchaient à leur fin, l’IIF a eu le plaisir d’annoncer une nouvelle remarquable, mettant en évidence l’élan dynamique que cette série de conférences continue de générer. La prochaine Conférence internationale de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid, ICCC 2028, se tiendra en France, organisée en collaboration avec l’Association française du Froid (AFF) et l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE). Le savoir-faire historique de la France en matière de sciences alimentaires, de recherche agroalimentaire et de génie du froid en fait un lieu tout indiqué pour accueillir cet évènement. De plus, l’expertise combinée de l’AFF et de l’INRAE assure un programme académique et professionnel de premier ordre.
L’ICCC 2028 poursuivra les ambitions et les discussions inachevées de l’édition de cette année (sur les transitions en matière de frigorigènes, le financement climatique, les pertes alimentaires et l’avenir d’une chaîne du froid durable), et les ouvrira à une communauté internationale encore plus large.
La communauté de la chaîne du froid se réunira à nouveau en France en 2028. Réservez la date dès maintenant !