Lancement d’un nouveau projet financé par l’UE pour mieux évaluer l’impact du refroidissement dans un monde en proie au réchauffement climatique

Londres, le 1er juilliet

 

L’année 2024 est reconnue comme étant l’année la plus chaude jamais enregistrée, suivie de 2025, la troisième année la plus chaude. Alors que l’Asie du Sud et du Sud-Est ont connu des vagues de chaleur extrêmes plus tôt cette année, l’Europe a récemment enregistré des températures record meurtrières. À mesure que la planète se réchauffe à une fréquence et une intensité alarmantes, les besoins en refroidissement atteint des proportions jamais vues auparavant.

Cette hausse de la demande mondiale en refroidissement s’accompagne d’une augmentation des émissions, en grande partie attribuable aux gaz fluorés (F-Gases), utilisés dans des applications modernes essentielles comme les technologies frigoriques, le conditionnement d’air et les pompes à chaleur. Ces gaz à effet de serre ont un fort potentiel de réchauffement global, qui contribue directement au changement climatique. Parmi d’autres accords internationaux, l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal vise à mettre fin à ce cercle vicieux. Néanmoins, les décideurs politiques doivent également relever le défi complexe de concilier leurs obligations avec des objectifs plus globaux, tels que l’avancement de l’efficacité énergétique, l’élargissement de l’accès au froid, le soutien à l’électrification et la réalisation des objectifs de décarbonation à long terme.

 

Le nouveau projet européen IMPACT-F (Integrated Mitigation Platform for Assessing Climate Targets for F-gases – Plateforme intégrée d’atténuation pour l’évaluation des objectifs climatiques relatifs aux gaz fluorés) a pour objectif d’aider les gouvernements à élaborer des politiques climatiques et en matière de froid plus efficaces, en leur donnant accès à des outils de modélisation sophistiqués. Dans de nombreux pays, l’accès limité aux données et les capacités de modélisation inadéquates font obstacle à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et à la prise de décisions éclairées.

 

Porté par son consortium international, IMPACT-F se concentre sur les pays visés à l’article 5 du Protocole de Montréal. Il vise à établir des connexions, entre autres, avec les décideurs politiques, les acteurs industriels, les organisations internationales, la société civile et le monde universitaire. IMPACT-F créera une plateforme de modélisation mondiale de pointe. Elle permettra aux décideurs politiques de comparer différentes trajectoires politiques et d’en analyser les répercussions sur les émissions de gaz fluorés, la demande énergétique et les résultats en matière de décarbonation. De plus, elle offrira une visualisation et une projection de l’utilisation des gaz fluorés aux niveaux mondial, régional et national.

 

Cette plateforme cherche à dresser un bilan exhaustif des émissions générées par le refroidissement à l’échelle mondiale et à soutenir les efforts de décarbonation en vue d’atteindre les objectifs climatiques internationaux. Le projet s’inscrit également dans le cadre des objectifs de l’Accord de Paris et du Global Cooling Pledge (Engagement mondial pour l'accès au froid). Cet engagement, signé par 72 pays à ce jour, vise à réduire les émissions liées au refroidissement de 68 % d’ici 2050. Des politiques efficaces élaborées à l’aide d’outils de modélisation sophistiqués joueront un rôle déterminant dans l’atteinte d’un froid durable.

 

IMPACT-F compte 14 partenaires au sein d’un consortium, issus du monde académique, des organisations pour la recherche et la technologie, des organisations intergouvernementales, des associations professionnelles, des organismes de formation et des cabinets de conseil. En provenance d’Asie, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Sud, ces organisations partenaires contribuent individuellement par leur expertise et s’adressent à une multitude de bénéficiaires et d’utilisateurs. Pour assurer la fonctionnalité de la plateforme, le projet prévoit également des programmes de formation spécifiques, qui seront diffusés à l’échelle mondiale auprès d’un public divers.

 

Dans le cadre du programme Horizon Europe de la Commission européenne, IMPACT-F bénéficie également de l’expertise intergouvernementale d’organisations telles que le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), membre non financé, ainsi que l’Institut international du froid (IIF). Grâce à leurs réseaux d’experts partageant des connaissances nationales, régionales et mondiales sur les émissions de hydrofluorocarbones (HFC), ces organisations intergouvernementales contribuent à relever les défis divers et complexes du projet. Les cabinets de conseil spécialisés Gluckman Consulting et Guidehouse contribuent au développement de la plateforme, tandis que les associations industrielles européennes, asiatiques, africaines et sud-américaines sont représentées par l’ACAIRE, l’AAF, l’ECREEE, la TRA et l’EHPA. Le Centro Studi Galileo intervient en tant qu’organisme de formation, tandis que l’Austrian Institute of Technology et le London South Bank University (LSBU) participent en tant qu’organisations universitaires et centres pour la recherche et la technologie.  Le London South Bank University assure également la coordination du projet, garantissant le bon déroulement des opérations et la portée des résultats d’IMPACT-F. Ensemble, ces partenaires mettent en place une approche interdisciplinaire pour assurer une expertise optimale et les meilleurs résultats pour ce projet. Cette démarche collaborative permet une meilleure compréhension de l’utilisation des gaz fluorés et des trajectoires de décarbonation, en tenant compte des impératifs de durabilité sociale, économique et environnementale.

 

IMPACT-F, qui débutera le 1er juin 2026, se poursuivra pendant une période de 36 mois, soit jusqu’en mai 2029. Sa première réunion de lancement a été organisée par la LSBU les 30 juin et 1er juillet 2026. Cette rencontre a permis aux membres du consortium de se rencontrer et de s’aligner sur leurs priorités et attentes vis-à-vis du projet, ainsi que de présenter leurs Work Packages respectifs et les livrables envisagés. Cette démarche collaborative, qui s’est appuyée sur des ateliers consacrés à l’élaboration de la plateforme, sur la collecte de données, sur l’étude des trajectoires politiques et sur l’implication des parties prenantes, a posé les fondements du projet.

 

L’excellence scientifique, l’influence sur les politiques publiques, ainsi que les avantages pour l’industrie et la société civile sont au cœur des priorités du projet IMPACT-F, afin de favoriser une large adoption et sa pertinence à long terme . Les sept volets du projet sont organisés de manière à assurer une circulation efficace de l’information et une collaboration optimale entre les différentes tâches et les partenaires du consortium.

 

 

Note à la rédaction : le projet IMPACT-F vise à créer une plateforme web intégrée permettant de visualiser et de prédire l’utilisation des gaz fluorés à l’échelle mondiale, régionale et nationale, en mettant en évidence les conséquences environnementales et les efforts de décarbonation. Cette initiative vise à favoriser une action coordonnée entre les objectifs de réduction progressive des gaz fluorés et les autres politiques connexes. En s’inspirant du modèle HFC Outlook Model, éprouvé et reconnu, IMPACT-F va mettre en place une nouvelle plateforme entièrement flexible. Cette plateforme permettra de comparer les interactions entre différentes trajectoires politiques, en tenant compte à la fois des objectifs relatifs aux gaz fluorés et des objectifs de décarbonation à l’échelle mondiale. La plateforme IMPACT-F s’appuiera sur une collecte de données exhaustive et intégrera de nouveaux scénarios couvrant les tendances susceptibles d’accroître la demande de gaz fluorés dans différentes régions du monde.

Pour toute information complémentaire ou tout nouveauté sur le projet, contacter : k.sharma@iifiir.org.