Les émissions liées aux matières premières, ne relevant pas du Protocole de Montréal, retardent la restauration de l’ozone

D’après une étude récente menée par une équipe internationale de chercheurs, dont fait partie Lambert J. M. Kuijpers, membre du STC de l’IIF, les émissions provenant des substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) utilisées comme matières premières devraient être sept fois plus élevées que les estimations précédentes. En effet, l’utilisation de ces substances a augmenté de 163 % à échelle mondiale entre 2000 et 2024.

L’année 2025 a commémoré le 40e anniversaire du Protocole de Montréal, un traité international qui a permis l’élimination progressive de plus de 100 substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO), telles que les chlorofluorocarbures (CFC) et les hydrochlorofluorocarbures (HCFC), couramment employées dans les domaines du froid, du conditionnement d’air et des aérosols (lire notre article sur le sujet).

 

En revanche, la production et la consommation de SAO utilisées comme composants chimiques dans la fabrication d’autres produits chimiques finis, appelés « matières premières », ne sont pas soumises à des restrictions en vertu du Protocole de Montréal.

 

Cette exemption repose sur des estimations initiales selon lesquelles les émissions liées aux matières premières représentaient moins de 0,5 % de la production mondiale en 1990 et devaient diminuer entre le milieu des années 1990 et 2000.

 

Contrairement à ces estimations, l’utilisation déclarée des SAO comme matières premières chimiques n’a pas diminué sur le plan mondial après 2000 ; elle a plutôt augmenté de 163 % entre 2000 et 2024, selon une récente étude publiée dans Nature Communications par une équipe de chercheurs internationaux de l’Empa (Suisse), de l’Université de Bristol (Royaume-Uni), du MIT (États-Unis), de l’Université de Georgetown (États-Unis), de Nolan Sherry & Associates Ltd (Royaume-Uni), de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) (États-Unis), de l’Institut national de la santé publique et l’environnement (RIVM) (Pays-Bas), de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas), de la NASA (États-Unis), de l’Université nationale de Kyungpook (Corée du Sud) et de Lambert J. M. Kuijpers, membre du STC de l’IIF (Pays-Bas).

 

Dans un scénario de statu quo, l’équipe a estimé que les émissions mondiales des SAO utilisées comme matières premières pourraient atteindre 3,6 % de la production entre 2024 et 2100, soit 7 fois plus que l’estimation initiale de 0,5 %.

 

En l’absence de mesures correctives, ces émissions élevées pourraient repousser de 6 à 11 ans la restauration de la couche d’ozone stratosphérique dans les latitudes moyennes.

 

Pour en savoir plus, consulter l’étude en libre accès sur le site de Nature Communications.

 

 

Sources

Reimann, S., Western, L.M., Lickley, M.J. et al. Continuing industrial emissions are delaying the recovery of the stratospheric ozone layer. Nat Commun 17, 3190 (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-70533-w

https://eia-international.org/news/new-scientific-study-shows-its-time-to-close-the-montreal-protocols-feedstock-loophole/