INDEE3 à Mumbai : faire progresser les technologies frigorifiques en favorisant la coopération, à l’innovation et aux frigorigènes naturels
Les réunions qui se sont tenues à Mumbai (Inde) à la mi-mars 2026 ont été organisées dans le cadre du projet INDEE3, qui vise à faire progresser les technologies de chauffage et de refroidissement. Elles ont permis à des partenaires internationaux d’échanger sur divers sujets importants, tels que les frigorigènes, le renforcement des capacités et la conception de chaînes du froid efficaces. Anna Pacak, chercheuse associée à l’Institut international du froid (IIF), s’y est rendue en tant que représente de l’Institut.
Ces réunions ont débuté en Inde en présence du consulat général de Norvège, de SINTEF Ocean (Fondation norvégienne pour la recherche scientifique et industrielle dédiée aux espaces maritimes) et des représentants de l’IIF. Elles ont principalement porté sur la présentation du projet INDEE3 et l'examen des possibilités de partenariats dans le secteur du froid et du refroidissement durables. Les discussions ont notamment porté sur la transition écologique, notamment sur l’importance des frigorigènes naturels et leur rôle dans les solutions énergétiques, telles que le gaz naturel liquéfié (GNL). On y a également abordé la nécessité de créer des certifications et des formations pour pallier le manque d'experts qualifiés. Les activités de démonstration, notamment celles réalisées à Goa et à l’institut BITS Pilani, ont été abordées, ainsi que le potentiel d'extension à de nouvelles applications, notamment les systèmes maritimes et les solutions de chaîne du froid pour la pêche et la logistique alimentaire. Les réunions ont également couvert des sujets plus vastes, comme le commerce, les infrastructures et l'élaboration de politiques, en soulignant l'importance de relier la recherche, l'industrie et le renforcement des capacités pour soutenir le secteur du refroidissement durable en Inde.
Au cours de la réunion de projet, les partenaires ont approfondi ces priorités en se penchant sur différents lots de travail et en coordonnant leurs activités pour les mois à venir. Ils ont discuté sur la manière d’améliorer la coopération interinstitutionnelle, de parfaire les programmes de formation et de certification, et d’optimiser l’utilisation des outils, des sites de démonstration et des infrastructures de recherche. Dans une perspective d’avenir, les partenaires se sont engagés fermement à étendre la portée de leurs actions et à mobiliser de nouvelles parties prenantes, et garantir l’applicabilité des résultats de recherche dans des conditions réelles.


Ce contexte de collaboration à grande échelle et d’échange de connaissances s’est également manifesté lors du salon ACREX India 2026, qui s’est tenu du 12 au 14 mars au Parc d’exposition Bombay de Mumbai (Bombay Exhibition Centre). En tant que plus grande plateforme d’Asie du Sud consacrée aux technologies frigorifiques, de CVC et de bâtiments intelligents, cet événement organisé par la Société indienne des ingénieurs en chauffage, réfrigération et climatisation (ISHRAE) a rassemblé des leaders mondiaux du secteur, des innovateurs et des chercheurs. Dans le cadre d’une conférence portant sur « Libérer le potentiel commercial : multiplier les opportunités, accélérer la croissance, construire un monde meilleur », l’ACREX a mis en évidence le rôle des technologies CVC dans le développement durable et dans la création d’environnements bâtis plus sains. Selon l’IIF, cet événement revêt une importance particulière compte tenu de l’expansion rapide du marché indien du CVC, qui est stimulée par l’urbanisation, les politiques écoénergétiques et la demande croissante de solutions de refroidissement durables.

Dans le cadre de l’ACREX, le séminaire INDEE3, intitulé « Chauffage et climatisation durables : les frigorigènes naturels pour l’avenir de l’Inde » a servi de plateforme pour la présentation des dernières découvertes scientifiques et l’établissement d’objectifs pour le projet. Au cours de ce séminaire, auquel ont assisté 60 participants, 14 exposés ont été présentés. Il s’est concentré sur la transition mondiale visant à remplacer les frigorigènes conventionnels (comme les CFC, les HCFC et les HFC) par des frigorigènes naturels (comme le CO₂, l’ammoniac et les hydrocarbures). Cette transition s’explique par le fait que ces premiers appauvrissent la couche d’ozone en raison de leur fort potentiel de réchauffement global (PRG) et par l’évolution des réglementations internationales en la matière. Une attention particulière a été portée sur les problématiques entourant les HFO, notamment la formation de PFAS et à leur éventuel impact environnemental à long terme, renforçant ainsi la nécessité d’élaborer des alternatives sans fluor. Le projet INDEE3 s’engage à faciliter cette transition en Inde au moyen de projets de démonstration, d’une gestion du cycle de vie des frigorigènes et d’un renforcement des capacités dans tous les secteurs. Plusieurs études ont démontré que les systèmes fonctionnant avec des frigorigènes naturels permettraient d’offrir une meilleure efficacité énergétique, des taux de fuite plus faibles et des émissions réduites tout au long de leur cycle de vie. Ces avantages sont possibles en déployant des technologies innovantes, telles que les systèmes en cascade au CO₂, les pompes à chaleur à haute température, le refroidissement urbain, les systèmes frigorifiques à éjecteur et l’entreposage frigorifique au R290. Par ailleurs, des défis techniques majeurs, tels que la sécurité, l’optimisation des systèmes et la gestion de l’huile dans les compresseurs, ont été identifiés comme étant cruciaux pour une mise en œuvre fiable et évolutive de ces technologies.


En somme, les discussions ont mis en évidence qu’une approche coordonnée alliant la recherche scientifique, l’innovation industrielle, les politiques publiques et le renforcement des capacités est nécessaire pour accélérer la transition vers des systèmes de refroidissement durables.