Une étude récente explore des pistes abordables pour des régimes alimentaires durables et à faible impact climatique dans la chaîne du froid

Une étude présentée lors de la 9ᵉ Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid (ICCC 2026), rédigé par un groupe d’auteurs composé de trois membres du Conseil scientifique et technique (STC) de l’IIF, examine comment des régimes alimentaires équilibrés sur le plan nutritionnel et abordables peuvent contribuer à l’atténuation du changement climatique tout en influençant les chaînes du froid alimentaires de demain.

Concilier émissions, nutrition et abordabilité

 

La 9ᵉ Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid (ICCC 2026), tenue à Istanbul (Türkiye) du 12 au 14 avril 2026, a été l’occasion de présenter une nouvelle étude. Cette étude a été menée par une équipe de recherche pluridisciplinaire comprenant : la présidente de la section C de l’IIF « Biologie et technologie alimentaire », Pr Judith Evans, le membre de la commission D1 de l’IIF « Entreposage frigorifique », Dr Alan Foster, ainsi que le membre de la commission E2 de l’IIF « Pompes à chaleur, récupération d’énergie ». Elle examine comment les transitions alimentaires durables peuvent à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), garder leurs qualités nutritives et devenir plus abordables pour les consommateurs [1].

 

Cette recherche propose un cadre de modélisation mixte, combinant la dynamique des systèmes et les techniques d’optimisation, pour examiner la manière dont une réduction progressive de la consommation de viande au Royaume-Uni pourrait s’accompagner d’alternatives à la fois abordables et adéquates d’un point de vue nutritionnel. En incorporant le coût des denrées alimentaires dans les données nutritionnelles et d’émissions de gaz à effet de serre, le modèle met en évidence des trajectoires de transition alimentaire qui permettent de réduire les émissions, de maintenir la qualité nutritionnelle et d’améliorer l’abordabilité pour différentes catégories de revenus.

 

Les chercheurs ont notamment tiré le constat suivant : l’inclusion des coûts alimentaires dans la stratégie d’optimisation, en plus des émissions de gaz à effet de serre, permet d’obtenir des transitions alimentaires nettement plus abordables. D’ici 2030, le surcoût lié aux substitutions par des produits d’origine végétale serait d’environ 40 à 45 % inférieur à celui obtenu avec une optimisation fondée uniquement sur les émissions, tout en atteignant des réductions quasi équivalentes des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’alimentation. Ces résultats suggèrent qu’il est possible de concilier des régimes alimentaires durables et abordables tant sur le plan environnemental et qu’économique, à condition de tenir compte de l’abordabilité à l’élaboration des plans alimentaires.

 

Implications pour les politiques publiques et la chaîne du froid

 

L’étude conclut que les transitions alimentaires durables devraient être examinées sous plusieurs aspects, et non selon le seul critère des émissions de GES. Les politiques publiques qui tiennent simultanément compte de la nutrition, de l’abordabilité et de la performance environnementale sont plus susceptibles de favoriser une adoption à grande échelle de régimes alimentaires bas carbone et d’assurer des résultats équitables au niveau sociétal. Le cadre proposé est un outil flexible permettant d’explorer des trajectoires de transition réalistes et d’éclairer des politiques alimentaires et climatiques fondées sur des données probantes.

 

Au-delà du changement alimentaire, les auteurs soulignent que le changement dans les habitudes alimentaires peut avoir une incidence sur la demande en refroidissement et sur les opérations de la chaîne du froid, car les différentes catégories d’aliments sous-tendent des exigences de stockage et de distribution distinctes. Ainsi, l’article met en évidence l’importance de futures recherches combinant la modélisation des régimes alimentaires durables à l’analyse de la logistique alimentaire et l’analyse énergétique dans la chaîne du froid. Ces études permettraient une compréhension plus globale de la manière dont les transitions alimentaires peuvent contribuer à atténuer les effets du changement climatique.

 

Anglais Français
Added PBAs cost (£ Capita-1.Y-1) Hausse des coûts liée aux substituts végétaux (£ habitant-1.année-1)
Multi-objective Multiobjectif
GHG-only Emissions de GES uniquement

Figure. Hausse annuelle du coût alimentaire par habitant liée aux substitutions de la viande par des produits d’origine végétale.  Deux scénarios : optimisation fondée uniquement sur les émissions de GES (en orange) et optimisation combinant les émissions de GES et les coûts (en bleu). [1]

 

Pour en savoir plus, consulter l’étude libre d’accès sur FRIDOC.

 

 

Source :

[1] Naseh-Moghanlou, L., Evans, J., Foster, A., Wang, X. (2026). Modelling the cost–nutrition–emission trade-offs in the UK’s transition to sustainable diets. 9ᵉ Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid. Compte-rendu de conférence : 12-14 avril 2026. http://dx.doi.org/10.18462/iir.iccc.2026.8383