ICCC2026 : cartographie des émissions liées au secteur du froid au Rwanda par rapport à celles du Royaume-Uni

Selon les estimations du Dr Alan Foster et de ses collègues présentées lors de la 9e Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid (ICCC), le Royaume-Uni affiche des émissions par habitant 14 fois plus élevées que celles du Rwanda (262 contre 19 kgCO₂e). Alors que le Rwanda poursuit son développement et que sa demande en refroidissement augmente, il est important de s’assurer du développement durable du secteur du froid du pays se développe de manière durable. 

Selon la Stratégie nationale de refroidissement du Rwanda publiée en 2019, le pays comptait un parc d’environ 75 000 réfrigérateurs et 50 000 climatiseurs. Avec la croissance économique et démographique, la nécessité d’adaptation au changement climatique, la demande en refroidissement devrait augmenter considérablement, ce qui entraînera une hausse des émissions de gaz à effet de serre (GE) associées. 

 

Lors de la 9e édition de la Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid (ICCC), le Dr Alan Foster, membre de la commission D1 de l’IIF, et ses collègues, le Dr Henrique Lagoeiro, le Dr Catarina Marques et la Pr Judith Evans, de l’Université de South Bank de Londres (Royaume-Uni), ont présenté un article modélisant les émissions de GES dans le secteur du froid au Rwanda, en les comparant aux données disponibles pour le Royaume-Uni. 

 

Cartographie comparative des émissions de GES liées au secteur du froid au Rwanda et au Royaume-Uni 

Les auteurs ont estimé qu’en 2020, la consommation électrique par habitant pour le refroidissement était de 13,5 kWh par an au Rwanda, contre 416 kWh par an au Royaume-Uni

La Figure 1 illustre la consommation énergétique, les chiffres pour le Rwanda étant exprimée en GWh et celles du Royaume-Uni en TWh, en raison de la différence d’ordre de grandeur entre les deux pays. En plus de l’écart considérable dans les émissions, l’autre différence majeure réside dans le fait qu’au Rwanda, 67 % de la demande d’électricité est attribuable à la climatisation fixe. Au Royaume-Uni, ce chiffre n’est que de 17 %. De plus, les équipements frigorifiques domestiques représentent 57 % de la demande énergétique au Royaume-Uni, contre seulement 23 % au Rwanda. 

 

Figure 1. Consommation énergétique dans les secteurs du froid au Royaume-Uni (TWh) et au Rwanda (GWh) 

  

En somme, les émissions totales de GES liées au secteur du froid au Rwanda et au Royaume-Uni ont respectivement été estimées à 274 et 18 195 ktCO₂e. Le Royaume-Uni affiche des émissions par habitant 14 fois supérieures à celles du Rwanda (262 kgCO₂e contre 19 kgCO₂e). La Figure 2 illustre les différents types d’émissions au Rwanda et au Royaume-Uni. 

 

Figure 2. Émissions totales de toutes catégories confondues pour le Royaume-Uni et le Rwanda (ktCO₂e) 

  

Attention, les auteurs mettent en garde contre l’extrapolation des conclusions sur le conditionnement d’air à l’ensemble des pays en développement situés près de l’équateur. En effet, le Rwanda se trouve à une altitude élevée d’environ 1 600 mètres en moyenne, ce qui signifie que le besoin en conditionnement d’air y est considérablement réduit par rapport à des pays comme ceux d’Afrique de l’Ouest et du Nord, ou d’Asie du Sud. 

 

Perspectives d’un secteur du froid durable au Rwanda 

L’engagement du Rwanda en faveur d’un refroidissement durable se traduit par la mise en œuvre en cours du Plan de gestion de l’élimination progressive des HCFC ainsi que par la phase initiale du Plan de mise en œuvre de l’Amendement de Kigali. Cela a donné lieu à des actions clés, telles que la formation des techniciens des technologies frigorifiques et de conditionnement d’air à l’échelle nationale à la manipulation et à la récupération en toute sécurité des frigorigènes, ainsi qu’à la promotion d’alternatives à faible potentiel de réchauffement global (PRG). 

 

À mesure que le Rwanda se développe et que sa demande en technologie frigorifique augmente, il est important de veiller à ce que le secteur du froid du pays évolue de manière durable, afin de freiner la croissance des émissions de GES associées. 

 

Saviez-vous que l’IIF a publié une note d’orientation visant à guider l’adoption technologique des frigorigènes naturels en Afrique en tenant compte de considérations environnementales, climatiques, de sécurité et économiques ? Cette note, élaborée grâce au soutien du projet SophiA, a été rédigée et révisée par un groupe d’experts de l’IIF, de SophiA et de l’U-3ARC. 

 

Les frigorigènes naturels en Afrique 

 

 

Sources 

[1]  République du Rwanda. Ministère de l’Environnement (2019). Stratégie nationale de refroidissement. https://www.rema.gov.rw/fileadmin/templates/Documents/National_Cooling_System_book_-_Print__1_.pdf  

[2]  Foster A., Lagoeiro H., Marques C., Evans J. Refrigeration and air conditioning emissions in a developing country (Rwanda)compared to a developed country (UK). 9e Conférence de l’IIF sur la durabilité et la chaîne du froid. Comptes-rendus : 12-14 avril 2026. http://dx.doi.org/10.18462/iir.iccc.2026.8203  

[3]  PNUE (2025). https://ozone.unep.org/sites/default/files/additional-reported-information/decisionXXXVI2/Rwanda.pdf