Rapport Global Cooling Watch 2025 : adopter une voie durable vers le refroidissement à zéro émission
La 2e édition du rapport Global Cooling Watch du PNUE, auquel le Conseil Science et Technologie de l’IIF a contribué par le biais de plusieurs auteurs thématiques et relecteurs, montre comment un plus grand déploiement du refroidissement passif, d’équipements à grande efficacité énergétique, de solutions à faible consommation d’énergie et de frigorigènes à faible PRP pourrait faire baisser les émissions de CO2 du secteur du refroidissement jusqu’à 97 %.
À l’occasion de la COP30, à Belém (Brésil), le PNUE a publié la deuxième édition de son rapport Global Cooling Watch (« Surveillance du refroidissement mondial 2025 »), qui sert de fondement scientifique à l’Engagement mondial en faveur du refroidissement (Global Cooling Pledge) et trace la voie vers des émissions de CO2 quasi nulles dans le domaine du refroidissement. Comme lors de la première édition du rapport en 2023, des membres du Comité Science et Technologie (CST) de l’IIF y ont contribué en tant que réviseurs et auteurs thématiques.
Principales conclusions
Selon le rapport Global Cooling Watch 2025, le parc mondial d’équipements de refroidissement pourrait plus que tripler d’ici 20250, en particulier en Afrique et en Asie du Sud. Cette tendance serait portée par la croissance démographique et la hausse des revenus, la fréquence accrue des épisodes de chaleur extrêmes, ainsi que la mise en œuvre de politiques favorisant l’accès des ménages les plus modestes aux systèmes de refroidissement.
Sans approche intégrée, dans un scénario du statu quo (« business-as-usual »), la demande mondiale de refroidissement pourrait plus que tripler entre 2022 (22 TW) et 2050 (68 TW), ce qui entraînerait un quasi-doublement des émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2022, portant celles liées au refroidissement à environ 7,2 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2050.
Le rapport suggère d’adopter la « voie du refroidissement durable », qui permettrait de réduire les émissions de 64 % (soit 2,6 milliards de tonnes d’équivalent CO2) par rapport aux niveaux attendus pour 2050. En l’accompagnant d’une décarbonation rapide du secteur mondial de l’électricité, les émissions résiduelles liées au refroidissement pourraient chuter de 97 % par rapport au scénario du statu quo.
Cette « voie du refroidissement durable » allie :
- le refroidissement passif, notamment par la conception des parois et des toitures, le vitrage, l’ombrage, la ventilation, ainsi que les espaces verts et bleus. L’association stratégique de plusieurs dispositifs passifs peut réduire la température globale de 6 à 9 °C, en supprimant souvent le besoin de refroidissement mécanique dans de nombreuses régions tropicales et tempérées.
- des solutions à faible consommation d’énergie, dont les ventilateurs, les systèmes de refroidissement évaporatif et de conditionnement d’air hybride, ainsi que les solutions solaires hors réseau. Le refroidissement passif et ces solutions peu énergivores permettent d’importants gains de confort à moindre coût et pourraient réduire de 41 % la puissance installée des systèmes de refroidissement d’ici 2050, de 68 TW à 40 TW. Par ailleurs, l’association du conditionnement d’air avec des ventilateurs pourrait diminuer la consommation énergétique d’au moins 30 % en comparaison avec le conditionnement d’air conventionnel.
- l’adoption d’équipements de refroidissement à grande efficacité énergétique ;
- une réduction progressive rapide de l’utilisation des hydrofluorocarbures (HFC).
Recommandations pour les décideurs
Depuis sa première édition en 2023, le rapport met en évidence une dynamique croissante dans le paysage politique Mondial en matière de refroidissement :
- 134 pays intègrent désormais le refroidissement dans leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN), leur Plan national d’adaptation (NAP), leur Stratégie à long terme de développement à faibles émissions (LD-LEDS) ou leurs plans énergétiques.
- 29 pays ont adopté des objectifs de réduction ciblant les émissions liées au refroidissement.
- 72 pays ont signé l’Engagement mondial pour l’accès au froid (Global Cooling Pledge), s’engageant à réduire de 68 % les émissions liées au refroidissement d’ici 2050.
Le rapport Global Cooling Watch 2025 introduit également deux cadres offrant aux décideurs politiques et aux professionnels des approches structurées :
- La « Sustainable Cooling Hierarchy » (« hiérarchie du refroidissement durable »), une approche en quatre étapes guidant la conception et la mise en œuvre afin de réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 des systèmes de refroidissement. Ce cadre identifie l’adoption de solutions de refroidissement passif comme fondamentale pour réduire la charge frigorifique des systèmes de conditionnement d’air et les systèmes frigorifiques et diminuer l’investissement initial nécessaire dans les équipements de refroidissement.
- Le « Tiered Access to Sustainable Cooling Framework » (« accès échelonné au refroidissement durable »), un cadre de référence à l’appui des mesures politiques visant à améliorer l’accès à un refroidissement durable, d’un niveau 0 (aucun accès) à un niveau 5 (meilleures solutions de leur catégorie en fonction des conditions climatiques).
Pour plus d’informations, le rapport est disponible dans son intégralité sur le site du PNUE et dans FRIDOC.