Recommandations post-récolte pour les plantes ornementales et les fleurs coupées originaires d’Australie et d’Afrique du Sud
Dans un marché mondial évalué à plusieurs milliards de dollars américains chaque année, les espèces florales indigènes représentent un défi et une opportunité en matière de post-récolte. Un article de synthèse exhaustif, publié dans Frontiers in Horticulture, met en lumière le potentiel commercial et les recommandations post-récolte de certaines espèces australiennes et sud-africaines bien connues.
Selon l’Union Fleurs, l’association internationale du commerce floral, le marché mondial des fleurs représente environ 25 milliards de dollars par an [1]. Les fleurs coupées étant des produits hautement périssables au cycle de vie court, une chaîne du froid efficace ainsi qu’une régulation fiable de la température sont donc essentielles pour préserver leur qualité pendant le transport et allonger leur durée de vie une fois à destination et mises en vase [1].
Au fil des années, la Colombie, l’Équateur, le Kenya et l’Éthiopie ont été les principaux fournisseurs sur le marché mondial des fleurs, représentant plus de 40 % de ce marché [1]. Ces dernières années, l’industrie internationale de la floriculture a vu émerger de nouvelles tendances commerciales utilisant des espèces végétales indigènes, principalement originaires d’Australie et d’Afrique du Sud [2].
Un article de synthèse exhaustif, publié dans Frontiers in Horticulture par le professeur Anastasios Darras, de l’Université du Péloponnèse, en Grèce, présente le potentiel commercial et les caractéristiques post-récolte de certaines espèces les plus connues d’Australie et d’Afrique du Sud.
Au-delà des procédures propres à chaque espèce, les pratiques générales de manipulation après la récolte pour les espèces indigènes australiennes et sud-africaines convergent vers les principes suivants :
- Refroidissement rapide après la récolte pour éliminer la chaleur accumulée au champ,
- Maintien de la chaîne du froid à des températures optimales propres à chaque espèce,
- Recoupe immédiate sous l’eau,
- Gestion de l’éthylène, en évitant les sources d’émission d’éthylène pendant la manipulation et en recourant éventuellement à des antagonistes, afin de prolonger la qualité des espèces sensibles.
Recommandations post-récolte pour les fleurs et plantes ornementales indigènes d’Australie
En Australie, le ministère des Industries primaires de Nouvelle-Galles du Sud recommande l’hydratation immédiate, l’élimination de la « chaleur du champ » en chambre froide et un apport contrôlé de sucre pour prolonger la durée de vie en vase de la fleur de cire (Chamelaucium spp.), de la patte de kangourou (Anigozanthos spp.) et des espèces apparentées.
Le guide de manipulation post-récolte pour les espèces florales indigènes d’Australie et apparentées décrit le stade de maturité approprié pour la récolte, les traitements au sucre et les températures de stockage (entre 2 °C et 4 °C pour les espèces tempérées indigènes, et au moins 10 °C pour les espèces subtropicales) afin d’optimiser l’équilibre hydrique et de minimiser la dégradation enzymatique avant l’expédition. Par ailleurs, la norme australienne AS 4689.1-2004 établit les exigences minimales post-récolte relatives à la durée de vie en vase ainsi que les spécifications de qualité pour les principales espèces de fleurs coupées. Cette norme permet aux producteurs et exportateurs d’évaluer leurs performances et de garantir une qualité constante des produits destinés aux marchés nationaux et internationaux.
Recommandations post-récolte pour les plantes ornementales et les fleurs coupées originaires d’Afrique du Sud
Les fleurs protéacées sud-africaines, telles que Protea spp., Leucospermum spp. et Leucadendron spp., sont appréciées pour leurs inflorescences remarquables et leur longue durée de vie en vase. Cependant, leurs feuilles peuvent s’assombrir lors de longs transports en chaîne du froid, en particulier lors du transfert du fret aérien au fret maritime.
Les dispositifs de traitement par atmosphère et par température contrôlées permettent une désinsectisation phytosanitaire sans affecter la durée de vie en vase. Ils utilisent des rampes de température jusqu’à 4 °C dans des atmosphères pauvres en oxygène et riches en CO₂ pour éliminer les insectes ravageurs tout en préservant la fonctionnalité du xylème. Des procédures intégrées, qui combinent des impulsions, une régulation de l’atmosphère et un conditionnement post-récolte, constituent désormais la base de la stratégie d’exportation sud-africaine. Elles permettent de concilier la conformité phytosanitaire avec la préservation de l’équilibre hydrique et de la stabilité membranaire.
Pour en savoir plus, lire l’intégralité de l’article libre d’accès dans Frontiers in Horticulture et sur FRIDOC.
Sources
[1] Insights into the International Flower Trade. UNECE. Working Party on Agricultural Quality Standards. Specialized Section Standardization FFV. 6-8 May 2024, Geneva https://unece.org/sites/default/files/2024-05/PPT-Item6c-UnionFleurs.pdf
[2] Darras A.I. (2025). Trends in postharvest technology, marketing, and distribution of native Australian and South African ornamental plants, cut flowers, and cut foliage. Front. Hortic. 4:1584484. https://doi.org/10.3389/fhort.2025.1584484